Interview d’une alumni: Françoise Perroud

Interview d’une alumni: Françoise Perroud


Les grands événements internationaux n’ont plus de secrets pour Françoise avec pas moins de 20 ans d’expérience, 10 pays à son actif et des domaines tels le sport, la musique et les télécommunications.

Le monde des médias s’est métamorphosé depuis les années 90, vous avez notamment débuté par des stages dans le domaine de l’impression, à quel moment vous êtes-vous intéressé aux technologies de l’information et comment avez-vous fait la transition ?

J’ai en effet commencé par 2 stages en Allemagne dans le domaine de l’impression, afin de pouvoir intégrer l’esig+ (Ecole Suisse d’ingénieurs de l’industrie graphique et de l’emballage, l’école qui s’est par la suite intégrée à la HEIG-VD et qui a donné naissance au département COMEM+ et à la filière d’ingénieur des médias). Initialement j’avais envie de me lancer dans le domaine du Packaging. Mais durant la 1ère année d’étude, la filière COMEM+ a pris forme.

J’ai alors décidé de suivre un autre stage dans le domaine des nouveaux médias. Après avoir pris contact avec le Manager des systèmes d’information, je suis partie au Japon pour travailler comme volontaire durant les vacances d’été à la préparation des Jeux Olympiques d’hiver de Nagano. Au lieu d’y passer 2 mois, j’ai fini par rester 8 mois après avoir pu être embauchée. J’ai découvert la technologie de l’information et ça m’a beaucoup plu ! Au retour, j’ai pu intégrer la 1ère volée de la section COMEM+.

Qu’est-ce qui vous a incité à poursuivre des études dans l’ingénierie des médias ?

A cette époque je travaillais aussi comme volontaire durant le Montreux Jazz Festival et j’ai pu intégrer une équipe qui travaillait sur le site Internet. Comme le MJF est très attractif, j’ai pu connaitre les nouvelles technologies de ce moment-là.

Ce qui m’a intéressé dans ce domaine, c’est la constante évolution des technologies et de pouvoir travailler avec des personnes d’horizons très variés.

Vous avez à votre actif pas moins de 4 JO, 1 JO de la jeunesse, 2 Euro de football, 1 Coupe du Monde. Comment êtes-vous entrée dans le domaine du sport et comment vous vous y êtes pris ?

Depuis très jeune, je pratique des sports auprès de club. J’allais souvent aider comme volontaire lorsque des événements sportifs étaient organisés. Grâce à ça, j’ai connu beaucoup de gens et pu entrer dans d’autres événements internationaux, et par la suite choisir ce que j’avais envie de faire. J’ai la chance de pouvoir travailler dans un domaine qui me passionne, soit le sport, l’événementiel et la technologie.

Quelles sont les particularités de travailler pour des événements sportifs et pour des organisations internationales ?

Les TOP Major Events sont très visibles médiatiquement, il n’y a donc pas beaucoup de marges d’erreurs. Par conséquent, il est inconcevable de n’être pas prêt au jour J, qui est une date inflexible.

Organiser des Jeux Olympiques d’été est une tâche de très grande complexité. C’est comme construire une ville qui doit fonctionner à plein régime pendant 1 mois dès son 1er jour d’ouverture. La ville de Rio a reçu 1,17 millions de visiteurs pendant les Jeux et plus de 6 millions de tickets ont été vendus. En termes de sport, c’est organisé une quarantaine de Championnat du Monde en même temps pour 10’500 athlètes. Et en parallèle il faut aussi préparer les Jeux Paralympiques, même si cela est un peu plus petit et moins médiatique. C’est pour cela que les comités commencent les préparatifs 7 ans à l’avance.

Toutes les compétitions sont testées en principe dans leurs propres stades durant l’année précédant les Jeux. Les équipes de travail doivent aussi être très bien formées, afin de pouvoir réagir rapidement et solutionner les imprévus.

Même si certains partenaires internationaux sont les mêmes d’un événement à un autre, il faut faire face à un comité d’organisation et des fournisseurs locaux. Il faut savoir d’adapter à chaque pays, car les cultures, manières de travail, contraintes, etc. sont différentes. On apprend à être tolérant, à respecter les différences, et d’autres façons de faire/vivre/penser. Au Brésil, j’ai appris à être extrêmement patiente, car en fin de compte, tout se fera au moment voulu !

Quel a été l’impact de votre travail de bachelor intitulé « Testing of the Olympic Information system, Info 2002 » sur la suite de votre carrière ?

J’ai fait mon travail de bachelor tout en travaillant comme volontaire pour les Jeux d’hiver de Salt Lake City. Le diplôme en poche, j’ai pu être engagée par le comité d’organisation. Par la suite j’ai travaillé pour des fournisseurs dans l’événementiel, d’autres comités d’organisation, etc. J’ai aussi fait entre autres un exécutif MBA, ce qui m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de prendre plus de responsabilités.

Quelles sont les qualités requises pour une « Results Technology General Manager » ?

A part les qualités requises d’un senior manager dans le domaine de la technologie, c’est toujours un atout d’avoir participé dans d’autres grands événements internationaux sportifs dans le domaine de la captation, traitement et diffusion des Résultats. Il faut être prêt à affronter un projet très dynamique, des budgets réduits, une équipe qui passe de moins de 10 à plus de 100 en 2 ans, et savoir s’adapter à un environnement très international. Ça aide aussi d’être multiculturelle et polyglotte, surtout la maitrise de la langue et la culture locale.

Quel est votre meilleur souvenir de la HEIG-VD ?

Je n’ai pas de souvenir particulier en mémoire, à part que j’ai eu du plaisir à y étudier. Il y avait une bonne ambiance de classe, avec des gens de divers horizons, formations, langues, etc. avec qui les études dans son ensemble étaient très animées !

Un conseil à donner aux futurs diplômés ou aux étudiants actuels ?

Avant tout et si vous avez le choix, faites quelque chose qui vous passionne. Investissez-vous, faites des contacts, n’ayez pas peur des défis, d’essayer même si cela est temporaire ou voué à l’échec, restez ouvert. Ne choisissez pas votre 1er travail en fonction du salaire, mais plutôt à ce qu’il peut vous apporter en termes d’expérience.

Vous avez la chance de faire des études de qualité à un coût très bas. Profitez-en pour apprendre le maximum! Beaucoup d’autres étudiants d’autres pays nous envieraient.

Si vous étiez un superhéros, quel serait votre super-pouvoir ?

Euhhhh…. superhéro, je ne sais pas…. ce n’est pas vraiment un super-pouvoir, mais on dit que j’ai beaucoup de patience…

 

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Françoise Perroud, diplômée en 2000

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