Archive pour la catégorie ‘Témoignage’

Une vie après comem+

Le mois dernier, Luc Fontolliet, ingénieur en communication et chargé de cours au sein du département comem+ a quitté la HEIG-VD pour un projet de vie hors du commun. Relier Lausanne à l’Asie à vélo. Découvrez son aventure au fil du temps.

Après l’obtention de son diplôme d’ingénieur en 2000, Luc passe quelques temps dans l’industrie avant de rejoindre l’unité de recherche IICT/SYSIN en tant que collaborateur scientifique. Par la suite, gonflé d’une bonne expérience, il est engagé comme chargé de cours au département comem+. Aussi, il porte le projet Mouskie solution logicielle pour faciliter l’apprentissage du braille pour les handicapés de la vue.

Le temps d’un break sabbatique, il part en 2006 à la découverte de 12 pays d’Asie. C’est le déclic, et en août 2011, il décide de remettre ça, et de quitter le bateau de la HEIG-VD pour se lancer dans une nouvelle aventure : point de départ, Lausanne, point d’arrivée … mystère, quelque-part en Asie, mais à vélo cette fois-ci !

C’est donc à la mi-juillet que Luc et son amie partent de Lausanne. Objectif, parcourir en moyenne une cinquantaine de kilomètres par jour vers l’Est, pour atteindre et traverser l’Asie d’ici une année. Pour l’instant, pas d’itinéraire prévu, pas de date d’arrivée, juste se laisser emmener par les décors et paysages de leur périple.

Descente du Sannenmöser

Inutile de préciser que la logistique est fondamentale dans une telle aventure. Gestion d’un budget, paquetage réduit au maximum pour ne pas être encombré sur le vélo, gestion de la nourriture et j’en passe. Chaque vélo pèse entre 50 et 60kg, paquetage compris. On imagine certainement que tout a été testé et surtout pesé, du sac de couchage ultra-light mais chaud comme la braise avec son duvet d’oie, à la selle Brooks, indispensable pour un tel périple en mode assis.

Pendant un mois, ils ont déjà parcourus la Suisse d’Ouest en Est en passant par quelques cols dans les Grisons pour le plaisir de la découverte et le challenge de gravir des cols. Ces derniers les ont emmené en Autriche, Allemagne et République tchèque, avant de s’arrêter pour une courte durée à Vienne, le temps de revenir en avion en Suisse pour assurer des défenses de travail de Bachelor. Quatre jours plus tard, les voilà repartis, « pour de bon», reprenant leurs vélos laissés à Vienne et continuant, cap vers l’Est.

Aux gorges de l'Albula

Nous leur souhaitons bien sûr bon vent !

Suivez leur aventure sur leur blog http://www.avelo.info

Pour savoir ou ils sont http://www.avelo.info/ou-sommes-nous

Et en image sur http://www.fonto.ch

Olivier Ertz & Loïc Privet

Cours OGO : une option qui groove

Cours OGO, Kesako ? En quelques mots: son, texte, photo, vidéo… documents, imprimés, applications, plateformes, documentaires sont au cœur des préoccupations de l’ingénierie des médias, une filière du département COMEM+.

Et bien voilà, le temps d’un cours à option : le média c’est la carte !

Une immersion dans la spatial culture, celle des utilisateurs mobiles, bardés de périphériques nomades, d’informatique ubiquiste ou embarquée… celle des services de cartographie en ligne, dans l’espoir que nos futurs ingénieurs ne restent pas démunis face à l’expression d’un besoin de géoservice. Ce qui est assez plausible, depuis juin 2005 avec la sortie de la Google maps API.

Le décor est planté.

Donc, la 9ème édition du cours OGO (Option Géo Ouaibe pour les intimes) touche à sa fin. Comme de coutume, notre geodream team nous a concocté ses meilleurs tutoriaux:

Au programme encore:

  • techno-tendances (frameworks, 3D, smartphones, HTML5, webGL…)
  • fournisseurs de services et de données (OSM, Cloudmade, Google, Geonames…)

Enfin, deux superstars locales nous ont livré quelques tranches de leur quotidien professionnel, riche d’expérience:

Si la géocontamination vous tente, la bonne nouvelle c’est que tout est en ligne! http://ogo.heig-vd.ch

Dans la même lignée, le 14 avril 2011 restera gravé dans les mémoires des aficionados du Géoweb: Swisstopo sort enfin un service (standardisé s’il vous plaît!) permettant l’utilisation sur internet de nos fantastiques cartes nationales. Nom de code: swisstopo web access – WMTS. Pour ceux qui s’étonneraient, nous attendions ce moment depuis plus de dix ans!

De là, munis des ingrédients dignes d’une géosoupe onctueuse, nous sommes passés aux projets de groupe. Il ne nous reste donc plus qu’à vous promettre un prochain épisode, dédié aux travaux les plus aboutis…

Et bien non, nous n’allons pas en rester là, car pour être honnête, ce billet n’aurait pas existé s’il n’y avait eu ce moment plutôt « rock’n roll », comme ils disent… Voici donc l’Histoire en détails:

The Erpode Story

L'erpode entre les mains de son maître

L'erpode entre les mains de son maître

Lundi 18 avril, nos collègues de la géomatique se tiennent à notre disposition pour une petite heure. Au programme, un drôle d’animal: R-Pod!

Un concentré de technologie: capteurs inertiels, appareil photo numérique, émetteur-récepteur, alimentation et GPS embarqués dans un objet volant de moins de 500 grammes!

Préambule

Il est vrai que cette bestiole n’avait pas grand chose à voir avec nos préoccupations médias. En effet, l’objectif premier du R-Pod est la production de géodonnées. Le cours OGO vise le déploiement de cartes interactives vues comme supports de transmission de l’information ou vecteurs de communication, tout simplement.

De là, partant de quelques bonnes ententes réciproques, et (il faut l’avouer), de la candide perspective de pouvoir mettre quelques-uns de nos talents de futurs spécialistes de la géopublication au service des géospécialistes tout court, la rencontre a bien eu lieu.

13h00 briefing

François nous gratifie d’un exposé limpide et efficace. Quelques questions surgissent, suivies de réponses claires, comme: « effectivement, nous ne détectons pas les obstacles ». ;-)

Le "tarmac"

Le "tarmac"

13h30 tarmac

Il fait un temps radieux, on décide de rejouer le plan de vol des portes ouvertes, chargé en quelques secondes, on passe à la checklist. Matériel en place, capteurs efficients. Cela semble enfantin, déconcertant!

13h42 ready for take-off #1

Le moment de vérité: incroyable, ça marche extrêmement bien! Rémi procède au lancement, l’avion décolle comme une fleur pour suivre la trajectoire programmée à l’instant.

François commente en scrutant le ciel et l’écran du PC portable en alternance : « lacet à 180 degrés, altitude 80 m. sol, cap sur le Gymnase d’Yverdon, vent relatif… ».

Le drône disparaît derrière une colline, c’est l’attente…

13h48 experimental landing system ?

Les yeux rivés sur l’écran, François baisse le ton. Calme et ferme à la fois, il s’adresse à l’oreille de Rémi : « je ne veux pas te décevoir mais là on l’a perdu… ». Rémi ne veut pas le croire et s’empare de l’antenne pour la brandir au zénith. Les secondes qui suivent sont interminables…

tic… tac…

Point noir à l’horizon?! Espoir !?

(…)

Zut, c’est un corbeau…

Sur l’écran de contrôle, la configuration de l’horizon artificiel ne laisse plus de place au doute: Houston nous avons un problème !

13h50 rescue expedition

François donne un cours dans une heure. Il faut prendre une décision. Un regard sur le fond de plan, repérage instantané, nous n’avons pas le temps de comprendre qu’il a déjà mis le cap sur le lieu du crash. Quel athlète !

Le temps de le rejoindre, à la recherche de l’éventuel arbre du crime (et non sans appréhension à la vue des peupliers qui garnissent le coin) nous le retrouvons grâce à sa voix, en compagnie de quelques pigeons, dissimulé à la cime d’un pin charnu, appareil en mains, victorieux!

14h02 ready for take-off #2

Pour ne pas abîmer l’appareil à travers les branches, François préfère tenter un lancé depuis le sommet.

Atterrissage en douceur

Atterrissage en douceur

Rémi nous programme vite fait un atterrissage. C’était le bon choix (voir la vidéo), le lancé est impeccable, la descente du professeur et celle de son engin sont parfaitement synchronisées.

On ne sait plus où donner de la tête. Décidément, la géomatique a le sens du spectacle :-) .

14h07 ready for take-off #3

Jusque là, l’appareil photo n’a pas déclenché. Et nos hôtes ne sont pas de ceux qui se laissent décourager ! On recommence: programmation du vol, check list, take off… montée en spirale, stabilisation, prise de vue, reprise, stabilisation, prise de vue, etc. C’est un happyend assuré!

14h16 landing

Rapide vérification à l’atterrissage: l’équipement est là, avec 51 images en prime dans la boîte. Fin de la démo, magistral!

14h30 debriefing

Le temps de paqueter l’engin, de retrouver la salle de conférence et d’essuyer quelques restes de sueur, nos deux compères nous refont le film de cette aventure mémorable : fichiers logs des vols à l’appui, explications sur les chaînes de traitement que l’on peut désormais appliquer aux images récoltées. En un mot, à choix : Splendide ! Bravo ! Merci !

Pour conclure…

On leur avait demandé 90 minutes d’introduction, vol de démonstration compris.

Ils nous ont tenu en haleine du début à la fin en respectant quasiment le timing, mais en explosant le programme: un exposé, trois vols, un crash, une course à pied, une escalade, un jeu de piste, un sauvetage, deux programmations à la demande, une quantité de données, le plein de soleil et d’émotions.

Quelle maîtrise, c’est à se demander si nous n’avons pas été victimes d’un coup monté dans lequel tout était prévu d’avance !

Ndla: certains portraits sont fictifs, les prénoms pas forcément…

Visualiser les vols sur Google Earth (Vol1.kmlVol2.kmlVol3.kml) et surtout le résultat! (cf. UPDATE).

FOSS4G édition 2010 a démarré …

Chaque année la communauté OSGeo se retrouve autour de sa conférence internationnale FOSS4G. Pour 2010, elle rassemble plus de 1000 personnes d’une soixantaine de pays à Barcelone pour 4 jours. Un retour en Europe, après Lausanne en 2006, puis Victoria, Cape Town et Sydney. Ce post démarre une sélection du meilleur de ce que la délégation Comem sur place a pu découvrir.

Commençons par la plénière du premier jour. Elle a du rythme avec la présentation de quelques chiffres et les logos des sponsors habituels, plus un inhabituel qui ne sera pas cité mais néanmoins apprécié. Miguel Montesinos présente alors sa définition de FOSS4G et la notion de logiciel « privative » avant d’afficher une métaphore. Suivre la voie « privative » est comme suivre le courant strict d’un fleuve sans alternative, alors que l’approche open source se compare à un océan de liberté. Un discours invitant l’auditeur à expérimenter l’approche open source pour répondre aux questions habituelles et fondamentales qui se (re)posent. Les réponses venant des « gurus » et des livres sur le sujet n’apportent que de la théorie. Experiment yourself !

Le rythme est conservé au niveau grâce à un Schuyler Erle en pleine forme … « you are awesome » voit-on afficher en s’adressant à la communauté OSGeo et expliquant tout son enthousiasme, notamment sous l’angle du « crowdsourcing ». Il décrit comment le travail de cette communauté a pu être bénéfique pour l’aide hummanitaire autour du groupe HOT (Humanitarian OpenStreetMap Team). Citation: « Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. [Oscar Wilde]« .

Arnulf Christl clot la session plénière dans son rôle de président de l’OSGeo par un discours visant à galvaniser les troupes présentes. Have fun doing IT !