Interview d’un alumni: Guillaume Courcoux

Interview d’un alumni: Guillaume Courcoux


En quelques années, Guillaume, basé désormais en Californie, a su gravir les échelons de l’un des géants du web et de la publicité en ligne grâce à son profil complet et ses compétences de gestion de projet.

Tout d’abord, que faites-vous maintenant, c’est-à-dire 10 ans après avoir fini votre formation en ingénierie des médias ?

Beaucoup de sites et appplications mobiles utilisent le réseau d’annonceurs de Yahoo pour monétiser leur audience. Je travaille dans une team responsable de la qualité du trafic que reçoivent les annonceurs.

Quelles sont vos responsabilités ?

Les annonceurs de Yahoo génèrent plus de $4B/Y et il faut s’assurer qu’ils reçoivent du trafic de bonne qualité. Notre équipe contrôle les sources de trafic et créées des outils pour détecter les anomalies. On travaille étroitement avec Microsoft, Google et plus récemment Facebook pour adapter nos protections et identifier les mauvais acteurs de ce marché.

Comment êtes-vous passé de la HEIG-VD à Yahoo, l’un des géants de l’Internet ?

C’est une combinaison de culot et bon timing.

J’aimais bien mon travail, mais je gardais un oeil sur les offres, je suis tombé sur Yahoo qui s’installait à Rolle.

Il y avait un rôle qui a attiré mon attention, car lié au contrôle de la fraude sur internet que je connaissais un peu.

J’ai retravaillé mon CV et eu rapidement une réponse. Un ancien du département COMEM+ travaillait déjà chez Yahoo et avait déjà établi une bonne réputation pour notre école.

Durant les interviews, j’ai parfois répondu que je ne connaissais pas ce dont ils parlaient, mais cela m‘intéressait beaucoup tout en faisant le lien avec mon expérience quand c’était opportun. Il y a très souvent des questions auxquelles vous n’êtes pas censé répondre et j’ai appris plus tard que ma transparence avait joué en ma faveur.

Ensuite, j’ai très vite été plongé dans le vif du sujet et ces 7 dernières années ont été passionnantes.

Pensez-vous que le choix du thème de votre travail de bachelor sur la création d’un portail pour la haute horlogerie a joué un rôle sur la suite de votre carrière ?

Oui. J’ai été engagé par l’entreprise tout de suite, ensuite j’ai pu chercher un travail tout en ayant un revenu stable et faire un travail enrichissant.

J’ai appris beaucoup de chose sur le monde des startups, du e-commerce, des CMS et du luxe. Cela m’a aussi aidé à comprendre le rôle dans lequel j’étais le plus utile à une entreprise et ce vers quoi je voulais aller.

Quel est votre meilleur souvenir de la HEIG-VD?

J’en ai beaucoup, que ce soit avec des professeurs ou élèves. Les professeurs étaient tous très impliqués, comme une startup.

Je me souviens de plusieurs cours sur le montage vidéo qui ont donné lieu à des scènes surréalistes, j’ai d’ailleurs toujours un backup de tous nos travaux que je garde précieusement.

C’est aussi les collègues, tous brillants qui vous poussent à vous surpasser et aident à décompresser.

Etait-ce difficile de quitter la Suisse ?

C’était vraiment l’aventure, ma femme était enceinte de 3 mois et on aime tous les deux la Suisse et la région lémanique. C’était une opportunité unique et on pouvait toujours revenir si on avait des regrets.

Le plus difficile a été de quitter la Famille, mais les opportunités étaient soit en Suisse alémanique, Londres, Irlande ou US.

Yahoo a proposé la Californie dans de bonnes conditions et surtout de couvrir la green card pour ma famille.

Nous revenons en Suisse chaque année pour les fêtes de fin d’année et notre famille nous rend visite très souvent.

Comment vous êtes-vous adapté à la Californie ?

Une fois le logement trouvé ça a été facile, il fait beau et chaud. Pour un loyer similaire, on est passé d’un appartement à une maison avec jardin et piscine. Avec une famille, c’est vraiment un autre monde et la plage n’est pas loin. Les gens dans cette région sont très accueillants et il y règne une certaine créativité et liberté qui est très inspirante.

Que vous as apporté la formation durant votre parcours professionnel jusqu’à présent?

D’abord un Bachelor !

Quelles que soient mes connaissances, ne pas avoir de Bachelor aurait été un vrai handicap. Cela m’a ouvert les portes d’entretiens et obtenir la green card aurait été beaucoup plus compliqué. Je m’estime chanceux d’avoir eu une formation qui m’a donné une flexibilité et une approche positive de l’entreprise.

Quelles sont les qualités requises pour votre job ?

Il faut être persévérant, passionné et avoir l’esprit un petit peu créatif. On lutte contre des personnes avec des gros moyens et très organisé, il n’y a pas de risque zéro, mais on doit leur rendre la tâche la plus complique et coûteuse possible. Il faut aussi savoir synthétiser des problèmes complexes en un temps réduit à une audience qui ne connaît pas forcément bien notre monde et souvent d’une autre culture.

Un conseil à donner aux futurs diplômés ou aux étudiants actuels ?

  1. Finissez vos études, au moins au niveau Bachelor.
  2. Profitez de tous les cours, même ceux qui semblent moins liés à vos buts. Dans un monde d’ultra spécialiste, avoir une compréhension horizontale vous aidera à connecter les bonnes personnes. Je travaille beaucoup avec le légal, le marketing ou la finance et nos cours facilitent les interactions.
  3. Cultivez vos expériences extra curriculaires, c’est ce qui vous différencie sur le marché du travail. Dans tous les entretiens, ce sont mes expériences personnelles qui ont fait la différence.
  4. Soyez culotté ! Nos formations n’ont pas à rougir à l’international, ce que vous ne connaissez pas, vous le composerez avec votre appétit d’apprendre.
  5. Restez à l’écoute du marché du travail, je serais passé à côté de ce travail si je m’étais senti trop confortable.

Si vous étiez un superhéros, quel serait votre super-pouvoir ?

Skynet dans Terminator, je pourrais mieux contrôler le web. Mais petit clin d’oeil à la téléportation dans Dragon Ball qui fait envie, surtout quand on conduit dans Los Angeles.

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